Le rein est un organe vital permettant l’évacuation d’une partie importante des déchets du métabolisme. Une atteinte progressive et irréversible des capacités rénales conduit à l’insuffisance rénale chronique lorsque moins du tiers de la structure organique reste efficace. Cette affection est extrêmement répandue chez les chats notamment en liaison à l’allongement de leur espérance de vie. On considère qu’elle touche 10% des chats de plus de 10 ans et atteindrait 30% des chats de plus de 15 ans.

 

LA MALADIE

Elle apparait lorsque les capacités du rein sont insuffisantes pour maintenir l’équilibre du milieu intérieur. Un certain nombre d’anomalies apparaissent alors : augmentation du taux d’urée et de créatinine, perturbation du métabolisme phosphocalcique, troubles cardiaques, etc. La médecine vétérinaire classe la maladie en quatre stades :

  • Au stade 1, la fonction rénale conserve plus du tiers de ses capacités. On parle alors de maladie précoce ou débutante, il n’y a alors aucune anomalie fonctionnelle détectable.
  • Au stade 2, la fonction conserve un quart de sa capacité, la maladie s’installe et des troubles métaboliques apparaissent.
  • Au stade 3, la maladie s’aggrave, la fonction rénale diminue sensiblement et une azotémie (présence de déchets azotés dans le sang) importante apparait conduisant à l’apparition de symptômes marqués.
  • Au stade 4, ou stade terminal, la maladie est sévère. La capacité diminue en dessous de 10% et les signes cliniques sont importants, conduisant généralement à la mort.

 

LES ORIGINES ET LES CAUSES DE LA MALADIE

Elles sont de plusieurs ordres. Cette maladie dégénérative est très répandue chez le chat, sans qu’une prédisposition génétique ait encore été démontrée, autre que la maladie polykystique rénale touchant essentiellement le Persan et dans une moindre mesure le Maine Coon. Un certain nombre de toxiques, et certaines maladies infectieuses peuvent provoquer une atteinte rénale. Une hypothèse selon laquelle une maladie bucco-dentaire chronique favoriserait la maladie rénale a été proposée.

 

LES SYMPTÔMES

Ils sont au départ assez peu spécifiques. On note en général une baisse d’état accompagnée d’anorexie plus ou moins marquée, une augmentation de la prise de boisson et des troubles digestifs (vomissements, diarrhées, etc.). Aux stades avancé et sévère, une hypersalivation, des troubles nerveux, cardiaques, voire osseux peuvent apparaitre. Le vétérinaire, notamment grâce à des analyses sanguines simples, est en mesure de réaliser rapidement un diagnostic de la fonction rénale.

LE TRAITEMENT

Il est essentiellement alimentaire. Il repose sur trois fondements, le premier consistant à limiter l’apport en protéine afin de limiter la quantité de déchets azotés à évacuer par le rein. Le deuxième consiste à maitriser la quantité de phosphore alimentaire afin de limiter la progression de la maladie. Le troisième, à ajuster les apports vitaminiques (Vit D et B). Des aliments spécialement conçus sont disponibles chez le vétérinaire. Il a été montré que si les recommandations nutritionnelles étaient suivies, la durée de vie était au moins doublée.

LA PRÉVENTION

Elle consiste notamment à diminuer l’apport en phosphore chez le chat de plus de 7 ans. Un bilan sanguin régulier peut permettre de déceler la maladie à un stade précoce, et de mettre en place un suivi et une alimentation adaptée.

CONCLUSION

La maladie rénale ou Insuffisance Rénale Chronique du Chat, est une maladie dégénérative irréversible, mais elle peut être facilement diagnostiquée par un simple contrôle sanguin et/ou urinaire. La prise en charge thérapeutique est en général simple à mettre en oeuvre et permet une augmentation de l’espérance de vie importante et améliorer le confort de vie du chat.